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11/11
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dear jack
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Hey Jack, tu t’souviens de c’que j’t'avais dit hier? Plus de conneries, plus d’alcool, fondues aux couleurs de l’hiver; mais j’peux pas, c’est plus possible, aujourd’hui j’ai envie de partir. J’veux m’faire écraser, brûlez-moi, et j’veux plus entendre parler de « sourires »; j’veux qu’on m’tape dessus jusqu’au sang; tu sais, j’ressens plus rien en m’scarifiant, j’veux plus souffrir comme dans d’l'acide, j’veux qu’on remarque qu’j'suis au bord du suicide. C’est triste à dire mais tout seul j’y arrive pas, il m’faut juste quelqu’un qui pense à moi, quelqu’un qui me fait oublier ça, c’putain de cauchemar dans lequel on vit; juste quelques câlins et puis quelques baisers aussi. Les autres font semblant de pas m’voir; ils ferment les yeux comme si ils voulaient pas y croire; et putain j’étouffe dans ces rues piétonnes; bondées d’individualisme que plus personne n’étonne. Pendant ce temps y’a des mecs qu’on pas le fric pour manger; ils nous regardent les larmes aux yeux, pour nous supplier; tout ce qu’ils ont, c’est leur espérance; mais moi ça m’tue, tu sais Jack; tout le monde s’éloigne de moi, on dirait qu’ils s’en foutent, alors j’suis là assis au bar, au milieu de la foule, pour m’prouver à moi-même que j’suis pas comme eux. Non p’tain c’est pas possible comme ils sont cons, on dirait des animaux qui tournent en rond dans une prison. J’veux me noyer, m’faire écraser, j’veux faire défoncer dans une rue abandonnée, j’veux une balle dans la tête qui me traverse jusqu’en Enfer, et j’veux plus de cette vie plongée dans l’opium et dans l’éther. J’veux me faire du mal à en crever, j’veux plus jamais me faire écraser. Et tous ces cons ils resteront là; ça s’ra une belle soirée d’hiver déprimante et glacée; p’têtre bien qu’un jour qu’ça touchera leur coeur d’acier, j’en peux plus tu sais Jack, j’te souhaite bonne chance; j’serai bientôt à la plage noire, au loin de toutes ces aberrances.



