30 11/11
23:53

dear jack

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Hey Jack, tu t’souviens de c’que j’t'avais dit hier? Plus de conneries, plus d’alcool, fondues aux couleurs de l’hiver; mais j’peux pas, c’est plus possible, aujourd’hui j’ai envie de partir. J’veux m’faire écraser, brûlez-moi, et j’veux plus entendre parler de « sourires »; j’veux qu’on m’tape dessus jusqu’au sang; tu sais, j’ressens plus rien en m’scarifiant, j’veux plus souffrir comme dans d’l'acide, j’veux qu’on remarque qu’j'suis au bord du suicide. C’est triste à dire mais tout seul j’y arrive pas, il m’faut juste quelqu’un qui pense à moi, quelqu’un qui me fait oublier ça, c’putain de cauchemar dans lequel on vit; juste quelques câlins et puis quelques baisers aussi. Les autres font semblant de pas m’voir; ils ferment les yeux comme si ils voulaient pas y croire; et putain j’étouffe dans ces rues piétonnes; bondées d’individualisme que plus personne n’étonne. Pendant ce temps y’a des mecs qu’on pas le fric pour manger; ils nous regardent les larmes aux yeux, pour nous supplier; tout ce qu’ils ont, c’est leur espérance; mais moi ça m’tue, tu sais Jack; tout le monde s’éloigne de moi, on dirait qu’ils s’en foutent, alors j’suis là assis au bar, au milieu de la foule, pour m’prouver à moi-même que j’suis pas comme eux. Non p’tain c’est pas possible comme ils sont cons, on dirait des animaux qui tournent en rond dans une prison. J’veux me noyer, m’faire écraser, j’veux faire défoncer dans une rue abandonnée, j’veux une balle dans la tête qui me traverse jusqu’en Enfer, et j’veux plus de cette vie plongée dans l’opium et dans l’éther. J’veux me faire du mal à en crever, j’veux plus jamais me faire écraser. Et tous ces cons ils resteront là; ça s’ra une belle soirée d’hiver déprimante et glacée; p’têtre bien qu’un jour qu’ça touchera leur coeur d’acier, j’en peux plus tu sais Jack, j’te souhaite bonne chance; j’serai bientôt à la plage noire, au loin de toutes ces aberrances.

18 11/11
00:36

la plage des chants éternels

love you, Amber.

C’était une symphonie qui sonnait comme un rappel
comme le chant des sirènes venu du fond de l’océan
qui me berçait vers le paradis des âmes éternelles
dans le trou noir à la lumière bleue des géants.

Le vent qui soufflait lentement transportait les flocons,
ils étaient blancs; le noir, c’était la couleur du fond;
tandis que lentement la lune bleue d’une froideur apaisante
déposait sur les mâts au loin ses promesses bienveillantes.

Assis sur la plage noire, là ou l’esprit divague
elle avait déjà sauté au loin, là-bas au gré des vagues
et sa tête sur mes épaules y’a quelques minutes
erre maintenant dans le vide, en attendant la chute.

Elle me demandait de fermer les yeux en écoutant cette musique
Elle m’avait dit « tu sais, c’est la plus belle chanson du monde
parce qu’elle permet aux gens de s’échapper
un peu comme des oiseaux blessés qui réapprennent à voler. »

Quand je ferme les yeux, je peux encore la voir
Et à la limite des eaux profondes je peux entendre sa voix
Elle me dit de la rejoindre, que le reste ne compte pas
tant qu’on est là ensemble; au diable les « au revoir »…

James pour Ambre.

Tu veux écouter la plus belle chanson du monde?

01 11/11
23:46

ses amours

  

 

  

Elle fumait, là, devant son café;
elle était belle, à en crever;
Elle refaisait le monde à sa manière,
« Moi j’dis c’que je pense, quitte à déplaire. »

Elle me parlait de ses contes de fées
et d’ses amours alcoolisés
Quand elle marchait, elle s’tenait droit
comme pour cacher qu’elle avait froid.

Elle souriait tant qu’elle pouvait
(à croire qu’elle s’essoufflait jamais)
pleine d’énergie, autant que de manques
Comme un château, sans vraies défenses.

On aurait dit un joli soleil d’été
qui voulait pas aller s’coucher;
qui veut briller autant qu’possible,
pourvu qu’la joie reste au beau fixe…

J’te dirais juste que je t’aime fort,
et que j’men fiche des châteaux-forts
Puisqu’on est là ensemble; soudés
tel des aimants que personne ne pourrait décoller…

   

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James pour H.

01 11/11
22:19

le carrefour des Temps anciens

 

Y’a des journées des fois, comme ça
où j’dois juste m’échapper de là
J’me sens instable, il faut partir
Là, à l’endroit des doux sourires.

Parce que mon coeur s’emballe trop vite
Mais p’tain j’sais plus qui a la clé
Et j’tape les portes, j’demande aux gens
Mais où t’es passée depuis le temps?

Au carrefour des Temps anciens
Là où l’passé lentement revient
Où tu inspires la nature belle
Comme si il nous poussait des ailes

Et même l’ancien rocher tagué
Les vieilles canettes, les barres rouillées
Trouvaient leur place ici-bas
un coin de Paradis qu’on garde pour soi.

Y’avait le ciel rose-orangé
Qu’on aurait cru peint par un artiste
Qui s’étendait au-dessus de nos têtes
Jusqu’à toucher nos coeurs égoistes.

Et tout au fond y’a un gros « STOP »
comme pour te dire « T’es sûr de de partir? »
Alors j’me pose, j’me grille une clope
Et puis j’repars à notre époque…

James pour H.